Liceales E. Jahn
Liceaceae Chevall.
Licea denudescens H.W. Keller & T.E. Brooks, Mycologia 69(4):668 (1977)
AL058 – 02-02-2026
Sporocarpes de 0,2 à 0,6 mm, nombreux mais disséminés, noirs, luisants si humides, mats quand ils sont secs.
Hémisphériques sur des substrats humides, souvent entourés d’un gel transparent, ce qui leur donne l’aspect d’un ascomycète émergeant du substrat (A, B et C).
Globuleux sur des supports secs, posés sur la surface ou laissant même imaginer la présence d’un stipe très court (D et E).

A : grossissement x40.
6 exemplaires sont indiqués par les flèches, mais ils sont plus nombreux. Ils n’apparaissent pas sur la photo (capture d’écran) en raison d’une profondeur de champ limitée.

B : x 40, identique à la photo A avec diamètre apparent d’un exemplaire.

C : le même x100.
D : x40, milieu sec, sporocarpe ouvert.
E : x100, milieu sec, sporocarpe ouvert, spores noires (sporée en masse).
Péridium : double selon la description originale ; péridium externe noir, constitué de matière refusée, se désagrège en séchant, n’a pas pu être mis en évidence dans nos préparations ; péridium interne hyalin, typiquement ponctué de taches noires régulièrement disposées (alignées parfois) mais ne formant pas de figure géométrique ; pas de ligne de déhiscence préformée, le péridium se déchire aléatoirement (F).

F : Péridium x 1000. Egalement des spores et des algues unicellulaires (cellules vertes).
Spores :10 à 11 µm, brun moyennement foncé avec une zone plus claire correspondant à un pore germinatif, à paroi épaisse mais amincie sur la zone éclaircie (G et H).

H : Spores, péridium et algues unicellulaires, x1000.
Habitat, récoltes associées : sur des écorces de Fagus sylvatica (I), encore vivant mais parasité par divers champignons : Fomes fomentarius, Bjerkandera adusta et d’autres situés trop haut pour pouvoir être identifiés ; les écorces ont été prélevées sur des zones rugueuses d’exfoliation (chancre), recouvertes de bryophytes (essentiellement Hypnum cupressiforme), d’hépatiques (Lophocolea bidentata, Metzgeria furcata et Radula complanata) et d’algues unicellulaires, vraisemblablement de la famille des Chlorellaceae ou des Chlorococcaceae*.
Un plasmode actif était également présent, au comportement semblable à celui d’un Badhamia utricularis, se nourrissant des Polypores Bjerkandera adusta (J).
Observations :
- les écorces ont été récoltées pour être mises en chambre humide (inventaire de la Réserve Intégrale Transfrontalière Adelsberg-Lützelhardt). La découverte des Licea s’est faite fortuitement, lors de l’observation préalable à la mise en culture.
- malgré leur petite taille, les points noirs luisants des sporocarpes étaient facilement repérables sur le fond vert clair des algues. Nous avons pu observer leurs différentes formes décrites dans la description originale : globuleuses et posées sur la surface, mais aussi hémisphériques, en coussinets et paraissant imprégnées par un gel hyalin.
- le GBIF ne cite que 284 occurrences au 10-02-2026. Il est vraisemblable que vu sa taille et sa couleur, l’espèce passe complètement inaperçue lorsqu’elle n’est pas située sur un fond clair, et qu’elle soit présente en bien plus grande abondance. Comme souvent, les publications qui concernent sa répartition nous semblent un reflet des terrains de chasse des myxomycètologues, en France tout au moins : sur les 8 occurrences françaises, 7 ont été faites dans le département où réside Marianne Meyer… cette dernière a fourni l’observation française la plus récente (16-02-1995) ; la plus ancienne date du 14-03-1977, effectuée dans le Doubs par Neeltje Elizabeth Nannega-Bremekamp.
- nous ne manquerons pas de compléter cette fiche si d’autres espèces apparaissent sur les écorces mises en chambres humides les 9 et 18-02-2026.
* : la rareté de cette espèce et sa venue particulière dans les algues unicellulaires nous ont incité à étudier plus particulièrement la végétation présente dans ce micro habitat chancreux. Nous remercions vivement André Advocat et Bernard Jenni pour la détermination des algues unicellulaires. N’ayant pas d’expérience dans ce domaine, nous n’avons malheureusement pas su leur envoyer des images assez explicites pour une détermination plus poussée que celle de la famille.
Nos remerciements chaleureux vont également à Francis Bick, bryologue, Vice-Président de la Société Botanique d’Alsace, pour son aide à l’identification des bryophytes et des hépatiques.





